nico
01/02/2006, 16h07
Budapest, Novembre 2005.
A l'occasion du petit voyage en Hongris et Croatie avec Christophe, mon frère.
Le métro jaune de plus d’un siècle, à 3 m sous terre seulement, longe l’avenue Andrassy. Ce métro est le plus vieux d’europe centrale, construit du temps où Budapest était appelé le « Paris de l’Est ». Je ne tiens pas complètement debout, j’ai la tête penchée pour ne pas toucher le plafond. L’intérieur est en bois, une musique plutôt amusante et une voix rauque signal l’arrivée dans les stations.
Sortie du métro, on se dirige vers Andrassy Utca 60. Cette adresse, chaque hongrois la connaît. D’abord parce que l’avenue est l’équivalent local de nos Champs Elysées. Ensuite parce que le numéro 60 a été le centre de deux terribles dictatures qui ont écrasé le pays : Le nazisme et le communisme. L’adresse fait partie de l’histoire du pays.
Le bâtiment est facilement reconnaissable, puisqu’il est lui-même devenu œuvre d’art. A son approche, le ciel s’assombrit et le mot « TERROR » ainsi que l’étoile et la croix du Arrow Cross se découpent sur les nuages et couvrent le promeneur sur le trottoir.
Ce bâtiment était sans doute à évité du temps de la seconde guerre mondiale si l’on voulait revoir sa famille un jour.
La Gestapo, les Croix Fléchées hongroises puis la police secrète russe y ont à tour de rôle établit leurs locaux.
Je le dis tout de suite, ce musée de la terreur met très mal à l’aise. Mieux vaut ne pas y aller seul ou déprimé !
Un hall central met dans l’ambiance. Un char, devant un mur d’une 15zaine de mètres de haut chargé de photos de déportés, fusillés…
La visite se fait par thème (occupation, Shoah, Croix Fléchées, goulag, les soviétiques…) et vous replonge par diverses moyens, décors réalistes ou sombres, installations téléphoniques, salle de réunion, tribunal…dans un univers extrêmement glauque. Il y a clairement un parti pris pour mettre mal à l’aise.
La visite est interactive, au moyen de casques, de vidéos et de téléphones disposés judicieusement dans certaines pièces, on peut piocher pour plus d’information sur un thème, des extraits radiophoniques d’époque, des extraits vidéo forts.
La musique est partout. Très bien adaptée et probablement composée spécialement, elle aide à vous plonger dans cet univers lugubre où vous ne verrez pas la lumière du jour.
La descente aux caves de torture est inoubliable. Pendant la descente très lente de l’ascenseur vers le sous-sol, vous écoutez le récit d’une exécution, photos à l’appui.
Arrivé aux cellules, on peut s’imaginer ce qui y était vécu. Une cellule jamais sèche ? Une cellule où on ne tient que debout ? Une cellule où on ne tient que couché ? La liste est longue des supplices que l’on a pu infliger en cet endroit.
Le building, de style néo-renaissance, construit en 1880, comme bon nombre de bâtiments de Andrassy Utca, ne laisse pas indifférent.
J’ai trouvé que le socialisme soviétique en prenait pour son grade.
Deux salles seulement sont réservées à la Shoah (sur une 20aine), et un bon paquet aux communistes, mais ça a duré bien plus longtemps.
Je ne sais pas si ce musée est objectif, qui l’a créé, et si c’est uniquement pour la mémoire. Mais il y a clairement de la dénonciation et l’univers est créé de manière si précise que je me demandais si ce serait bien 2005 quand je ressortirais. J’étais un peu sonné.
J’ai de la documentation, j’essaierai d’ajouter quelques éléments visuels.
(Ce n'était pas précisément un "divertissement")
Ma notation:
Ambiance:8. Ca fout les boules.
Qualité:6. C'est du haut niveau, mais peut-être parfois trop de forme au détriment du fond.
Coup de coeur:8. J'ai adoré. J'ai pris connaissance en l'espace d'une visite des points clés de l'histoire hongroise des 65 dernières années.
A l'occasion du petit voyage en Hongris et Croatie avec Christophe, mon frère.
Le métro jaune de plus d’un siècle, à 3 m sous terre seulement, longe l’avenue Andrassy. Ce métro est le plus vieux d’europe centrale, construit du temps où Budapest était appelé le « Paris de l’Est ». Je ne tiens pas complètement debout, j’ai la tête penchée pour ne pas toucher le plafond. L’intérieur est en bois, une musique plutôt amusante et une voix rauque signal l’arrivée dans les stations.
Sortie du métro, on se dirige vers Andrassy Utca 60. Cette adresse, chaque hongrois la connaît. D’abord parce que l’avenue est l’équivalent local de nos Champs Elysées. Ensuite parce que le numéro 60 a été le centre de deux terribles dictatures qui ont écrasé le pays : Le nazisme et le communisme. L’adresse fait partie de l’histoire du pays.
Le bâtiment est facilement reconnaissable, puisqu’il est lui-même devenu œuvre d’art. A son approche, le ciel s’assombrit et le mot « TERROR » ainsi que l’étoile et la croix du Arrow Cross se découpent sur les nuages et couvrent le promeneur sur le trottoir.
Ce bâtiment était sans doute à évité du temps de la seconde guerre mondiale si l’on voulait revoir sa famille un jour.
La Gestapo, les Croix Fléchées hongroises puis la police secrète russe y ont à tour de rôle établit leurs locaux.
Je le dis tout de suite, ce musée de la terreur met très mal à l’aise. Mieux vaut ne pas y aller seul ou déprimé !
Un hall central met dans l’ambiance. Un char, devant un mur d’une 15zaine de mètres de haut chargé de photos de déportés, fusillés…
La visite se fait par thème (occupation, Shoah, Croix Fléchées, goulag, les soviétiques…) et vous replonge par diverses moyens, décors réalistes ou sombres, installations téléphoniques, salle de réunion, tribunal…dans un univers extrêmement glauque. Il y a clairement un parti pris pour mettre mal à l’aise.
La visite est interactive, au moyen de casques, de vidéos et de téléphones disposés judicieusement dans certaines pièces, on peut piocher pour plus d’information sur un thème, des extraits radiophoniques d’époque, des extraits vidéo forts.
La musique est partout. Très bien adaptée et probablement composée spécialement, elle aide à vous plonger dans cet univers lugubre où vous ne verrez pas la lumière du jour.
La descente aux caves de torture est inoubliable. Pendant la descente très lente de l’ascenseur vers le sous-sol, vous écoutez le récit d’une exécution, photos à l’appui.
Arrivé aux cellules, on peut s’imaginer ce qui y était vécu. Une cellule jamais sèche ? Une cellule où on ne tient que debout ? Une cellule où on ne tient que couché ? La liste est longue des supplices que l’on a pu infliger en cet endroit.
Le building, de style néo-renaissance, construit en 1880, comme bon nombre de bâtiments de Andrassy Utca, ne laisse pas indifférent.
J’ai trouvé que le socialisme soviétique en prenait pour son grade.
Deux salles seulement sont réservées à la Shoah (sur une 20aine), et un bon paquet aux communistes, mais ça a duré bien plus longtemps.
Je ne sais pas si ce musée est objectif, qui l’a créé, et si c’est uniquement pour la mémoire. Mais il y a clairement de la dénonciation et l’univers est créé de manière si précise que je me demandais si ce serait bien 2005 quand je ressortirais. J’étais un peu sonné.
J’ai de la documentation, j’essaierai d’ajouter quelques éléments visuels.
(Ce n'était pas précisément un "divertissement")
Ma notation:
Ambiance:8. Ca fout les boules.
Qualité:6. C'est du haut niveau, mais peut-être parfois trop de forme au détriment du fond.
Coup de coeur:8. J'ai adoré. J'ai pris connaissance en l'espace d'une visite des points clés de l'histoire hongroise des 65 dernières années.