Ced
26/04/2006, 17h03
Histoire du Japon et des Japonais
de Edwin O. Reischauer
complété par Richard Dubreuil
http://www.lesatirique.info/forum/attachment.php?attachmentid=1504
http://www.lesatirique.info/forum/attachment.php?attachmentid=1505«Je me coucherai moins bête ce soir !» Qui n’a pas un jour utilisé ce sympathique échappatoire populaire après un flagrant délit de carence culturelle ? Tant qu’un sourire ou un rire émaille la réplique, l’honneur reste sauf. Pour réussir l’esquive, il faut la ménager. Toute utilisation abusive risque de déboucher sur l’apposition frontale de l’étiquette «inculte». Après quoi trois attitudes possibles : le je-m’en-foutisme, le je quête le pourquoi, ou le j’accuse.
A la lecture de l’«Histoire du Japon et des Japonais», j’ai vraiment éprouvé le sentiment d’être un ignare. Non pas que l’auteur, Edwin O. Reischauer (1910-1990), prenne le lecteur de haut. Loin de là. Mais mes connaissances du pays se résumaient à quelques données géographiques et économiques survolées par le programme de Terminale, ainsi qu’aux déviances présentées dans les reportages : culte de la scolarité, suicides en masse, etc. Quant à l’histoire : impasse quasi totale à l’exception de l’attaque de Pearl Harbour et des kamikazes japonais s’écrasant sur les porte-avions américains lors de la 2ème guerre mondiale.
Un pays mal compris
La carence est à l’origine plus éducative que culturelle. Les bases n’étant pas là, difficile d’appréhender l’archipel et ses mœurs. «Peu de pays ont été plus étudiés que le Japon, peu aussi ont été plus mal compris», écrivait George B. Sansom, ancien diplomate britannique, avant d’avouer «en toute objectivité, ne connaître aucune histoire du Japon qui soit plus riche de substance sous une forme aussi condensée et accessible» que l’ouvrage de Edwin O. Reischauer. Pour information, l’auteur né à Tokyo de père américain a initié entre 1941 et 1946 les cadres de «l’armée d’occupation américaine» à la culture et la mentalité japonaise avant de devenir ambassadeur américain au Japon de 1961 à 1966.
Un récit chronologique
Bien que découpée en deux livres, l’édition française de l’«Histoire du Japon et des Japonais» ne forme qu’un bloc. Posséder le premier opuscule nécessite l’achat du second. Au cours de la lecture, des mots en italique apparaissent. Pour en avoir la définition, il faut se reporter à la fin du deuxième livre. Ce manuel propose un récit chronologique. Le premier livre part des origines du Japon à 1945 ; le second de 1945 à 2001 grâce à une mise à jour opérée par Richard Dubreuil, professeur d’histoire et de japonais à Paris.
Un style simple et neutre
Facilement accessible, l’ouvrage est fort bien écrit. D’un style très neutre, il est ponctué par des commentaires à prendre comme des clins d’œil malicieux de la part de l’auteur. Au début de son livre, Reischauer confie s’être fixé la mission d’écrire un livre alliant à la fois la rigueur scientifique et la simplicité du langage. «Je résolus (…) de ne citer que le minimum de noms propres afin de ne pas dérouter le lecteur», explique-t-il. Un contrat rempli à l’exception des passages où il décrit, décrypte et analyse les stratégies des partis politiques. Le lecteur se noie sous une cascade d’informations débitées à rythme trop rapide. La solution aurait été de simplifier ces extraits en citant moins de noms et en leur consacrant un livre à part plus détaillé.
Un membre du forum Escale-Japon (http://www.escale-japon.com/phpBB2/ptopic2461.php) rapporte les propos d’un de ses enseignants qui critique l’ouvrage pour sa vision trop américaine du 20ème siècle et pour s’être trop focalisé sur le Japon d’après-guerre. Pour ma part, je n’ai relevé aucune vision pro-américaine ; l’auteur lui-même n’hésite pas à critiquer les Etats-Unis quand il l’estime nécessaire. Quant aux second grief… il n’est tout simplement pas fondé à mon avis. Je me raviserai peut-être après avoir lu «La dynamique du Japon» de Jean-François Sabouret qui a lui semble-t-il opté pour une analyse thématique et non linéaire.
[B]Lexique
Agiotage : spéculation ; «L’étude et l’emploi de manœuvres les moins délicates pour produire des variations inattendues dans le prix des effets publics et tourner à son profit des dépouilles de ceux qu’on a trompés» (Mirabeau)
Agrarien : partisan des lois agraires, du partage des terres entre ceux qui les cultivent.
Aphorisme : formule ou prescription concise résument une théorie, une série d’observations ou renfermant un précepte
Argutie (l’) : raisonnement pointilleux, subtilité de langage (finesse, chicane, subtilité)
Atoll (pour l’orthographe)
Brocarts : riche tissu de soie rehaussé de dessins brochés en fils d’or et d’argent
Cacique : personnalité nantie d’une fonction importante ; major d’un concours
Cénobite : religieux qui vivait en communauté
Claustration (politique de) : état d’une personne enfermée dans un lieu clôt
Cotutrice, cotuteur : personne chargée avec une autre de la tutelle d’un mineur
Déliquescence : décadence complète ; perte de force de la cohésion ; décomposition ; décrépitude ; ruine
Déprédation : vol ou pillage accompagné de dégâts ; saccage ; vandalisme
Derechef : une seconde fois ; encore une fois
Enrégimentement : embrigadement ; incorporation dans un régiment
Ferments : ce qui fait naître un sentiment, une idée ; germe ; levain
Frontispice : façade principal d’un grand édifice ; grand titre d’un ouvrage
Historiographie : Travail de l’historiographe : l’auteur, l’écrivain chargé officiellement d’écrire l’histoire de son temps
Indolente : indolore ; indifférent ; insensible | apathique ; avachi ; endormi ; fainéant
Kaléidoscopique : changeant (succession rapide)
Obérer : charger, accabler de dettes ; endetter ; grever
Ondoyant : mouvant, onduleux, souple |inconstant, mobile, variable
Prébende : revenu fixe accordé à un ecclésiastique ; profit tiré d’une charge
Protohistoire : événement concernant l’humanité, immédiatement antérieurs à l’apparition de l’écriture et contemporains de la première métallurgie (du 3ème au 1er millénaire avant JC)
Pusillanime : qui manque d’audace, craint le risque et les responsabilités ; craintif, faible, frileux
Scolastique : philosophie et théologie enseignées au Moyen Âge par l’université ; enseignement et méthode qui s’y rapporte
Spécieux : qui a une belle apparence, séduisant |qui est destiné à induire en erreur avec une apparence de vérité, fallacieux
Stipendier : payer pour une besogne méprisable, ignoble |corrompre pour l’argent, soudoyer
Suranné : qui a cessé d’être valable, dont le délai est expiré ; qui évoque une époque révolue ; démodé, désuet, vieilli, vieillot
Toponyme : nom de lieu
Truchement : personne qui parle à la place d’une autre ; ce qui exprime, fait comprendre les pensées, les sentiments ; par le biais de
Xylographie : ancienne technique d’impression de textes et de figures avec des planches gravées en relief
Quelques expressions et tournures à retenir
L’inanité du bellicisme : l’inutilité de la passion de la guerre
Avoir mauvaise grâce : être mal placé pour
Une citadelle inexpugnable : une citadelle imprenable
Des hommes liges : personnes entièrement dévoué à
Des alliances clandestines avec des citadines : à vous de deviner le contexte ;)
Contexte historique : les ruraux montent à la ville pour trouver du travail…
La phrase sonne bien.
de Edwin O. Reischauer
complété par Richard Dubreuil
http://www.lesatirique.info/forum/attachment.php?attachmentid=1504
http://www.lesatirique.info/forum/attachment.php?attachmentid=1505«Je me coucherai moins bête ce soir !» Qui n’a pas un jour utilisé ce sympathique échappatoire populaire après un flagrant délit de carence culturelle ? Tant qu’un sourire ou un rire émaille la réplique, l’honneur reste sauf. Pour réussir l’esquive, il faut la ménager. Toute utilisation abusive risque de déboucher sur l’apposition frontale de l’étiquette «inculte». Après quoi trois attitudes possibles : le je-m’en-foutisme, le je quête le pourquoi, ou le j’accuse.
A la lecture de l’«Histoire du Japon et des Japonais», j’ai vraiment éprouvé le sentiment d’être un ignare. Non pas que l’auteur, Edwin O. Reischauer (1910-1990), prenne le lecteur de haut. Loin de là. Mais mes connaissances du pays se résumaient à quelques données géographiques et économiques survolées par le programme de Terminale, ainsi qu’aux déviances présentées dans les reportages : culte de la scolarité, suicides en masse, etc. Quant à l’histoire : impasse quasi totale à l’exception de l’attaque de Pearl Harbour et des kamikazes japonais s’écrasant sur les porte-avions américains lors de la 2ème guerre mondiale.
Un pays mal compris
La carence est à l’origine plus éducative que culturelle. Les bases n’étant pas là, difficile d’appréhender l’archipel et ses mœurs. «Peu de pays ont été plus étudiés que le Japon, peu aussi ont été plus mal compris», écrivait George B. Sansom, ancien diplomate britannique, avant d’avouer «en toute objectivité, ne connaître aucune histoire du Japon qui soit plus riche de substance sous une forme aussi condensée et accessible» que l’ouvrage de Edwin O. Reischauer. Pour information, l’auteur né à Tokyo de père américain a initié entre 1941 et 1946 les cadres de «l’armée d’occupation américaine» à la culture et la mentalité japonaise avant de devenir ambassadeur américain au Japon de 1961 à 1966.
Un récit chronologique
Bien que découpée en deux livres, l’édition française de l’«Histoire du Japon et des Japonais» ne forme qu’un bloc. Posséder le premier opuscule nécessite l’achat du second. Au cours de la lecture, des mots en italique apparaissent. Pour en avoir la définition, il faut se reporter à la fin du deuxième livre. Ce manuel propose un récit chronologique. Le premier livre part des origines du Japon à 1945 ; le second de 1945 à 2001 grâce à une mise à jour opérée par Richard Dubreuil, professeur d’histoire et de japonais à Paris.
Un style simple et neutre
Facilement accessible, l’ouvrage est fort bien écrit. D’un style très neutre, il est ponctué par des commentaires à prendre comme des clins d’œil malicieux de la part de l’auteur. Au début de son livre, Reischauer confie s’être fixé la mission d’écrire un livre alliant à la fois la rigueur scientifique et la simplicité du langage. «Je résolus (…) de ne citer que le minimum de noms propres afin de ne pas dérouter le lecteur», explique-t-il. Un contrat rempli à l’exception des passages où il décrit, décrypte et analyse les stratégies des partis politiques. Le lecteur se noie sous une cascade d’informations débitées à rythme trop rapide. La solution aurait été de simplifier ces extraits en citant moins de noms et en leur consacrant un livre à part plus détaillé.
Un membre du forum Escale-Japon (http://www.escale-japon.com/phpBB2/ptopic2461.php) rapporte les propos d’un de ses enseignants qui critique l’ouvrage pour sa vision trop américaine du 20ème siècle et pour s’être trop focalisé sur le Japon d’après-guerre. Pour ma part, je n’ai relevé aucune vision pro-américaine ; l’auteur lui-même n’hésite pas à critiquer les Etats-Unis quand il l’estime nécessaire. Quant aux second grief… il n’est tout simplement pas fondé à mon avis. Je me raviserai peut-être après avoir lu «La dynamique du Japon» de Jean-François Sabouret qui a lui semble-t-il opté pour une analyse thématique et non linéaire.
[B]Lexique
Agiotage : spéculation ; «L’étude et l’emploi de manœuvres les moins délicates pour produire des variations inattendues dans le prix des effets publics et tourner à son profit des dépouilles de ceux qu’on a trompés» (Mirabeau)
Agrarien : partisan des lois agraires, du partage des terres entre ceux qui les cultivent.
Aphorisme : formule ou prescription concise résument une théorie, une série d’observations ou renfermant un précepte
Argutie (l’) : raisonnement pointilleux, subtilité de langage (finesse, chicane, subtilité)
Atoll (pour l’orthographe)
Brocarts : riche tissu de soie rehaussé de dessins brochés en fils d’or et d’argent
Cacique : personnalité nantie d’une fonction importante ; major d’un concours
Cénobite : religieux qui vivait en communauté
Claustration (politique de) : état d’une personne enfermée dans un lieu clôt
Cotutrice, cotuteur : personne chargée avec une autre de la tutelle d’un mineur
Déliquescence : décadence complète ; perte de force de la cohésion ; décomposition ; décrépitude ; ruine
Déprédation : vol ou pillage accompagné de dégâts ; saccage ; vandalisme
Derechef : une seconde fois ; encore une fois
Enrégimentement : embrigadement ; incorporation dans un régiment
Ferments : ce qui fait naître un sentiment, une idée ; germe ; levain
Frontispice : façade principal d’un grand édifice ; grand titre d’un ouvrage
Historiographie : Travail de l’historiographe : l’auteur, l’écrivain chargé officiellement d’écrire l’histoire de son temps
Indolente : indolore ; indifférent ; insensible | apathique ; avachi ; endormi ; fainéant
Kaléidoscopique : changeant (succession rapide)
Obérer : charger, accabler de dettes ; endetter ; grever
Ondoyant : mouvant, onduleux, souple |inconstant, mobile, variable
Prébende : revenu fixe accordé à un ecclésiastique ; profit tiré d’une charge
Protohistoire : événement concernant l’humanité, immédiatement antérieurs à l’apparition de l’écriture et contemporains de la première métallurgie (du 3ème au 1er millénaire avant JC)
Pusillanime : qui manque d’audace, craint le risque et les responsabilités ; craintif, faible, frileux
Scolastique : philosophie et théologie enseignées au Moyen Âge par l’université ; enseignement et méthode qui s’y rapporte
Spécieux : qui a une belle apparence, séduisant |qui est destiné à induire en erreur avec une apparence de vérité, fallacieux
Stipendier : payer pour une besogne méprisable, ignoble |corrompre pour l’argent, soudoyer
Suranné : qui a cessé d’être valable, dont le délai est expiré ; qui évoque une époque révolue ; démodé, désuet, vieilli, vieillot
Toponyme : nom de lieu
Truchement : personne qui parle à la place d’une autre ; ce qui exprime, fait comprendre les pensées, les sentiments ; par le biais de
Xylographie : ancienne technique d’impression de textes et de figures avec des planches gravées en relief
Quelques expressions et tournures à retenir
L’inanité du bellicisme : l’inutilité de la passion de la guerre
Avoir mauvaise grâce : être mal placé pour
Une citadelle inexpugnable : une citadelle imprenable
Des hommes liges : personnes entièrement dévoué à
Des alliances clandestines avec des citadines : à vous de deviner le contexte ;)
Contexte historique : les ruraux montent à la ville pour trouver du travail…
La phrase sonne bien.